vendredi 23 octobre 2009

Escape from Los Angeles : on le voyait moins subtil

Suite et fin du diptyque Carpenter, avec la critique d'Escape from L.A. (Los Angeles 2013).








Le fameux "Big One" tant redouté a eu lieu en 1998 et a isolé Los Angeles du reste des Etats-Unis. Quinze ans plus tard, les Etats-Unis se sont dotés d'un président particulièrement puritain et politiquement correct qui envoie tous les délinquants à Los Angeles, devenue l'ile la plus dangereuse du monde. Cuervo Jones, anarchiste latino-americain, règne sur ce bout de terre et s'est mis dans la tête, avec l'aide de la fille du président qui s'est ralliée à sa cause, de neutraliser toutes les sources d'énergie artificielles de la planète. Une fois de plus, Snake Plissken est envoyé à son insu pour tenter de sauver la situation.




Sorti en 1996, Escape from L.A. est à la fois la suite, le remake et l'auto-parodie d'Escape from New York
La petite histoire raconte que l'idée de refaire un film sur Snake Plissken serait venue lors de l'enregistrement du commentaire audio par Russel et Carpenter, à l'occasion de la reédition en DVD de NY1997 ; en réalité, ce sont les studios Universal, propriétaires des droits du film original, qui depuis quelques années, poussaient le maitre à produire une version remise au goût du jour d'un de ses plus grands films. 


Qu'à cela ne tienne, Carpenter suivit à la lettre les directives de ses pairs, et décida d'adapter son film, transposant le contexte original vers une ville qu'il affectionne, prenant un malin plaisir à monter une histoire accentuant tout les clichés brassés par ses propres films d'action et reprenant au plan près des scènes et des répliques de l'original, ou comme le dit si bien Snake  : "plus les choses changent, plus elles restent les même". Cette réplique résume d'ailleurs la pensée du réalisateur tout au long du film. Comme à son habitude, il s'en donne à coeur joie pour critiquer la société américaine, de ses hommes politiques réacs et puritains - à noter que la portée politique acquiert une résonance inattendue avec l'élection quelques années plus tard de George Bush Junior - à ses travers dont l'hégémonie de l'apparence et le culte exacerbé de la personnalité. Carpenter n'épargne personne, pas même les studios qui le financent, à l'image du plan sur la tour Universal noyée sous l'océan (Carpenter "coule" à sa façon le studio).


Le film ne se limite pas pour autant à de simples règlements de comptes. Le scénario enchaîne les situations aussi explosives que rocambolesques, opposant à Snake des personnages toujours plus hauts en couleurs, portés par un casting aussi varié qu'excellent - Henry Fonda en surfer de l'extrême, Pam Grier en transsexuel, Steve Buscemi en larbin comique -. De cette accumulation de scènes toujours plus exagérées, de personnages atypiques et de clichés détournés, né un côté parodique absolument jouissif, accentué par une photographie très colorée abandonnant le côté western pour un côté comics, et des effets spéciaux indignes - la société responsable des effets spéciaux fût mise en faillite durant la post production du film -.


Au final, Escape from L.A. est un film aussi brillant qu'incompris, une preuve de plus de la maitrise de Maitre Carpenter, prouvant au passage son talent pour l'humour et la dérision. Un film à l'image de son personnage principal : avec des muscles, un cerveau et une sacrée paire de couilles.





Un exemple de sacrée paire de couille ...








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